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PÉTROLE/Le brut hésite, tiraillé entre la Grèce
et les inquiétudes sur l'offre
Le 6/02/12
Les prix du pétrole connaissaient des sorts contrastés
lundi en fin d'échanges européens, tiraillés entre
le regain de craintes en zone euro face à l'enlisement de la
crise grecque et les inquiétudes sur les approvisionnements de
brut de l'Iran et du Nigeria.
Vers 17H00 GMT (18H00 HEC), le baril de Brent de la mer du Nord pour
livraison en mars s'échangeait à 115,21 dollars sur l'Intercontinental
Exchange (ICE) de Londres, progressant de 63 cents par rapport à
la clôture de vendredi.
En revanche, sur le New York Mercantile Exchange, le baril de "light
sweet crude" (WTI) pour la même échéance perdait
94 cents à 96,90 dollars.
Les cours de l'or noir renouaient avec la nervosité après
la forte hausse de vendredi, où le Brent avait grimpé
de plus de 2,50 dollars dans un marché revigoré par la
baisse inattendue du taux de chômage américain.
"Entre-temps, l'attention du marché est revenue sur la situation
de la Grèce, où le gouvernement doit se prononcer sur
les mesures supplémentaires d'austérité imposées"
par les bailleurs de fonds internationaux "afin d'éviter
un effondrement financier du pays", soulignait Myrto Sokou, analyste
du courtier Sucden.
Les partis politiques de la coalition gouvernementale grecque ne sont
toujours pas parvenus à surmonter leurs objections aux mesures
d'austérité demandées par la zone euro et le Fonds
monétaire international (FMI) pour obtenir le déblocage
d'un nouveau prêt vital d'au moins 130 milliards d'euros.
Par ailleurs, les négociations entre Athènes et ses créanciers
privés sur la réduction de la dette du pays n'ont toujours
pas abouti, entretenant le spectre d'une cessation de paiement de la
Grèce en mars.
"Les incertitudes persistantes sur un possible défaut de
paiement de la Grèce pouvaient conduire les investisseurs à
engranger quelques bénéfices, d'autant que les prix évoluent
plutôt dans le haut de la fourchette" observée depuis
début janvier, avertissaient les analystes de Commerzbank.
Signe de la défiance des opérateurs pour les actifs jugés
plus risqués, "les Bourses et les marchés des matières
premières ont trébuché de concert, dans des échanges
extrêmement nerveux et volatils, et l'euro s'est trouvé
lui aussi sous pression", a ajouté Mme Sokou.
Le renchérissement du dollar face à un euro affaibli rend
moins attractifs les achats de brut, libellés dans la monnaie
américaine, pour les investisseurs munis d'autres devises.
Cependant, le Brent coté à Londres est parvenu à
repasser dans le vert en fin d'échanges européens, soutenu
notamment par un sursaut de l'euro face au billet vert mais aussi par
les inquiétudes toujours vives sur les approvisionnements de
brut en provenance d'Iran ou d'Afrique.
"Si l'embargo pétrolier (de l'Union européenne) contre
l'Iran se maintient" ou si le détroit d'Ormuz, par lequel
transitent 35% du trafic maritime pétrolier mondial, est fermé
par Téhéran, "le baril devrait atteindre 150 ou 160
dollars", a ainsi déclaré lundi Ali al-Hajeri, un
responsable de la compagnie pétrolière nationale du Koweit.
Les investisseurs surveillaient par ailleurs le Nigeria, premier producteur
d'or noir d'Afrique, où le Mouvement pour l'émancipation
du Delta du Niger, principal groupe armé du sud du pays, a conduit
samedi une attaque contre un oléoduc, tout en menaçant
de poursuivre leurs actions.
Les attaques de ce groupe avaient fait chuter de moitié la production
pétrolière du pays au plus fort de ses actions entre 2007
et 2009, avant une accalmie de près de deux ans.
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